Marlène et Camille

Camille Zufferey et Marlène Salamin, responsables de la formation musicale des Fifres et Tambours la Gougra et de la fanfare l’Echo des Alpes

Marlène : Responsable technique musicale : que signifie et comment se déroule cette fonction au sein de votre société ?

La fanfare compte actuellement 26 élèves en formation. Elle a pour objectif de permettre aux jeunes d’avoir une formation musicale solide et complète afin d’assurer sa relève. Pour cela elle a défini plusieurs critères comme par exemple le fait que les cours de solfège ou d’instrument soient donnés impérativement par des professionnels de la musique, que les jeunes une fois intégrés dans la fanfare continuent la formation, le solfège et participent à des concours…

Ainsi le/la responsable de la formation fait en sorte :

  • De trouver des professeurs qualifiés. En 2016, nous avons contacté le conservatoire cantonal pour ouvrir une aile sur Anniviers. Ce qui a pu être fait dans un esprit très dynamique avec des professeurs de grande qualité. Nous collaborons aussi avec des professeurs de musique privés comme Frédéric Bonvin et Gabrielle Terrettaz qui mettent beaucoup de passion dans ce qu’ils font. Les élèves reçoivent ainsi une formation complète (solfège et instrument) mais qui a un certain coût financier. Afin d’aider les familles, la fanfare a mis en place un système de subventionnement. Elle rembourse le 45% des cours d’instrument et elle prête à l’élève l’instrument qu’il a choisi.
  • De permettre aux élèves de se produire dans un ensemble et de jouer devant un public, ce qui fait également parte de l’apprentissage de la musique. Pour cela nous avons mis en place une fanfare des jeunes qui les intègre dès la première année d’instrument. Elle permet également aux plus expérimentés de coacher les plus jeunes et même de faire leurs premiers pas comme directeur. En effet, la fanfare des jeunes est dirigée par Cyril Zufferey, issu de notre école de musique et musicien accompli de notre société.

Les jeunes participent également à un camp d’été, qui est très fédérateur et qui permet de rentrer en contact avec d’autres jeunes musiciens car il est organisé en collaboration avec la société de musique de Lens.

La fanfare favorise également la participation des élèves à différents concours.

  • De trouver chaque année de nouveaux musiciens. Pour cela, entre autres, la fanfare des jeunes se produit devant les élèves du centre scolaire afin qu’ils puissent écouter et même essayer des instruments.

En résumé, la responsable de la formation est un rôle d’organisation, de coordination et de développement de l’école de musique afin qu’elle reste dynamique, motivante et attractive.

Quel a été votre parcours musical ?

J’ai commencé la musique à l’âge de 10 ans, ce qui est plutôt tard. Nos jeunes commencent actuellement à l’âge de 7 ans (4h). Et je suis rentrée dans la fanfare à l’âge de 11 ans, ce qui est plutôt tôt en termes de nombre d’année d’apprentissage. Nos jeunes commencent en général en 1ère du cycle et avec environ 5 ans d’instruments. Mais cela m’a aussi sans doute permis de me motiver car à l’époque il n’y avait pas de fanfare des jeunes et l’appartenance à un groupe a été pour moi un critère de durabilité. Malgré tout j’ai bénéficié d’une formation solide car il y a eu durant cette période des professeurs du conservatoire qui venaient à Vissoie donner les cours pour le solfège et l’instrument. J’ai débuté avec la clarinette malgré le fait qu’il n’y en avait pas dans la fanfare mais pour moi c’était ça ou rien.

Mes premiers souvenirs sont ceux de mes premières répétitions marquées par beaucoup de coups à côté et où les parties à jouer étaient souvent remplacées par des pauses. Mais malgré tout j’avais une énorme fierté à jouer dans la fanfare. Je me souviens également de mon premier festival (à Chermignon) à prendre mes repères parmi les musiciens des 17 sociétés et à tenter de suivre les casquettes bleues de Vissoie pour ne pas louper le départ du défilé.

Si vous aviez quelques conseils à donner à un jeune (ou moins jeune) qui veut commencer à apprendre à jouer d’un instrument, ce serait …

Pour les plus jeunes, c’est un conseil pour les parents qui ont un rôle déterminant, même si eux même ne sont pas musiciens. Ils doivent s’investir dans l’apprentissage de leur enfant en l’encourageant, le valorisant et en lui permettant un maximum de jouer (fanfare des jeunes, fête de famille, entraînement à la maison…).

Pour les moins jeunes, il faut déjà savoir qu’il n’y a pas d’âge pour commencer, on apprend à tout âge ! Le conseil que je peux donner c’est de s’investir et de se faire confiance. La motivation est essentielle.

Un conseil pour tous, c’est de prendre le temps de bien choisir son instrument, en demandant conseil. Il est possible de venir essayer les instruments, de discuter avec les professeurs.

Une fête organisée en commun par l’Echo des Alpes et la Gougra. Quel sera le défi majeur au niveau musical ?

Il n’y a pas de défi il n’y a que du plaisir et de la motivation à réaliser cela ensemble.

Cette fête montre que nous pensons tous Anniviers et que nous sommes capables d’unir les forces de nos deux sociétés fortement différentes mais foncièrement solidaires. La fanfare n’est pas la fanfare de Vissoie mais la fanfare d’Anniviers et nous sommes heureux de pouvoir le démontrer entre autre à travers cette fête. Un grand merci aux fifres et tambours qui nous permettent cela.

****

Camille : Responsable technique musicale : que signifie et comment se déroule cette fonction au sein de votre société ?

A la Gougra, cette fonction peut recouvrir plusieurs fonctions allant de la direction de la société elle-même à la formation des jeunes. L’apprentissage du tambour et plus récemment du fifre en Anniviers dispose d’une structure commune gérée par les 6 sociétés de fifres et tambours que compte la vallée.

L’Ecole de fifres et tambours d’Anniviers prend donc en charge la formation des jeunes musiciens sous ma responsabilité pour les fifres et celle de Samuel Métrailler, directeur des Fifres et Tambours sierrois pour les tambours au rang desquels on trouve des jeunes de la fanfare l’Echo des Alpes.

L’école permet de proposer aux jeunes musiciens une formation complète qui leur permettra d’intégrer plus facilement les rangs de leurs sociétés  respectives qui ont bien entendu le loisir de continuer à former eux-mêmes leurs jeunes selon les ressources à disposition.

L’apprentissage du fifre et du tambour sont deux choses complètement différentes qui nécessitent  une lecture musicale spécifique. La formation des jeunes comprend donc une base de solfège  adaptée à l’instrument. Au terme de la formation, chaque jeune doit être autonome dans l’apprentissage sur partition des morceaux de sa société.

L’école de fifres et tambours d’Anniviers compte actuellement une trentaine de jeunes en formation et peut compter sur 8 moniteurs pour atteindre ses objectifs. Les jeunes de notre école ont eu l’occasion de briller aux concours de l’Association des Tambours et Fifres du Valais Romand en remportant 3 couronnes lors du concours de Conthey en juin dernier !

Au sein de la Gougra, le rôle de directrice consiste à établir avec Justin Monnet, moniteur des tambours, le programme musical et celui des répétitions, à faire jouer ensemble les fifres et les tambours, à veiller à ce que chacun trouve sa place et son intérêt dans une société qui compte maintenant une cinquantaine de membres dont l’âge varie entre 9 et 57 ans !  

Quel a été votre parcours musical ?

J’ai débuté la musique à l’âge de 6 ans en suivant des cours de solfège puis de flûte au Conservatoire. Bercée depuis toujours aux sons des fifres et tambours c’est à l’âge de 11 ans que j’ai fait mon entrée au sein de la société tout en continuant ma formation au Conservatoire. Les notions de solfège que j’ai acquises pendant ces années m’ont été utiles notamment pour ce qui est de l’enseignement du solfège aux jeunes fifres de l’Ecole de fifres et tambours d’Anniviers.

Mes premiers souvenirs sont ceux de mon premier défilé dans les rangs de la société. Quel stress! Marcher au pas tout en essayant de suivre le rythme et sans faire de fausse note. Heureusement les plus anciens étaient là pour me crier “gauche” lorsque je me trompais de pieds…

Si vous aviez quelques conseils à donner à un jeune (ou moins jeune) qui veut commencer à apprendre à jouer d’un instrument, ce serait …

Pour moi il n’y a pas de formule magique. Le premier ingrédient du succès n’est autre que la motivation! Il faut aussi être patient. Les premiers cours de solfège ou  d’instrument ne sont souvent pas les plus gratifiants musicalement parlant, mais ce sont des étapes que l’on ne peut sauter.

Les cours collectifs permettent aux jeunes d’appartenir à un groupe et même si bien souvent ils se connaissent de l’école, se retrouver en petit comité une fois par semaine renforce les liens. Il faut donc être ouvert et profiter le plus possible de ce que les autres ont à offrir.

Bien entendu le rôle des parents n’est pas négligeable. Pour rappeler un jeune à son instrument mais aussi l’écouter, l’applaudir et le motiver en lui lançant des petits défis comme jouer devant le sapin de Noël.

Une fête organisée en commun par l’Echo des  Alpes et la Gougra. Quel sera le défi majeur au niveau musical ?

Sur le plan musical, cette fête en commun sera l’occasion pour les musiciens des deux bords de découvrir encore mieux  le travail qui se fait dans les sociétés de la vallée. Les liens ont toujours existé et par le passé, certains musiciens jouaient tant d’un cuivre que du fifre. Amédée Crettaz, directeur de l’Echo des Alpes, fut également le premier compositeur moderne pour les fifres et tambours. Je ne vois donc aucun défi majeur à cette organisation commune mais juste une occasion fabuleuse pour tous les musiciens de se retrouver autour de leur passion !